Jean Pierre Barral

Un pionnier des manipulations viscérales

Très vite il s’est intéressé aux manipulations viscérales pour en être un véritable instigateur. Avec Pierre Mercier, ils ont commencé dès 1972, à utiliser l’échographie et l’amplification de brillance pour confirmer ce que leurs mains ressentaient.
Grâce au Docteur Serge Cohen, radiologue, ils ont pu confirmer et démontrer que les organes de la cavité abdominopelvienne étaient en perpétuels mouvements selon des axes très précis.

Le Time Magazine a nommé Jean-Pierre Barral parmi les 10 plus grands innovateurs de médecine naturelle de ce millénaire.

De nombreuses dissections

Il est toujours important d’essayer d’objectiver ce que la main ressent. Jean-Pierre Barral a eu la chance de travailler avec le Professeur Georges Arnaud et le Docteur Roulet au Centre hospitalo-Universitaire de Grenoble en Pneumologie, où il a pu effectuer lui-même de nombreuses dissections.
Notamment, il s’est rendu compte que les cicatrices importantes pleuropulmonaires, après pneumothorax thérapeutiques ou interventions chirurgicales, pouvaient créer une tension énorme sur les attaches pleurales cervicales, au point de déformer littéralement les apophyses transverses.

Qu’un os puisse être déformé par la tension mécanique exercé par un organe l’a vraiment interpellé ! A cette époque affirmer qu’on pouvait mobiliser un rein, par exemple, vous faisait passer pour un aimable farfelu ou un incompétent notoire ! Heureusement, grâce à l’échographie, l’amplification de brillance et les dissections, ce fait fut admis, mais ce ne fut pas sans mal : il est souvent difficile d’aller à l’encontre d’idées reçues.

Redonner la mobilité à un organe lui fait retrouver ses pleines fonctions et permet aussi aux articulations de regagner leurs amplitudes. Les manipulations viscérales font désormais partie du bagage obligatoire pour obtenir un diplôme d’Ostéopathie et on peut dire que Jean-Pierre Barral en a été l’un des grands promoteurs.

Une longue pratique

Rien ne vaut la pratique dans un métier manuel et c’est grâce aux très nombreux patients qu’il a traités, qu’il a pu sans relâche améliorer, affiner et créer de nouvelles techniques, l’ostéopathie est avant tout une question de doigté. « Remercions nos patients, ce sont eux qui nous permettent d’évoluer et de nous améliorer. »

Cependant les manipulations viscérales ne sont qu’une partie de l’arsenal thérapeutique ostéopathique. Se dire spécialiste en viscéral, crânien, périphérique ou vertébral n’a aucun sens. Le concept ostéopathique est celui de l’homme vu dans sa globalité, c’est pour cette raison que Jean-Pierre Barral a toujours refuser « l’étiquette de viscéraliste ». A quand les spécialistes du pied droit et les autres du pied gauche ? Les ostéopathes sont des généralistes.

Une très grande précision manuelle

Déjà dans les années 70, Jean-Pierre Barral, Jean-Paul Mathieu et Pierre Mercier ont travaillé avec le docteur Gillet pour analyser et traiter la colonne selon des directions ligamentaires très précises, sans oublier aussi Bernard Juglaret, ostéopathe disparu hélas trop jeune. Ils ont écrit l’un des premiers livres français sur l’ostéopathie « Le diagnostic articulaire vertébral »

« Le diagnostic thermique manuel »

Toujours dans les années 70, Jean-Pierre Barral a mis au point une véritable cartographie des projections thermiques des différentes atteintes de l’organisme. Lors d’une dysfonction ou d’une pathologie plus structurelle du corps, les champs électromagnétiques en regard de ces problèmes varient.

Les infra-rouges font partie du champ électromagnétique, une main exercée peut ressentir des variations du flux thermique de l’ordre du 1/10ème de degré. Un détecteur de flux thermiques a même été construit en collaboration avec des ingénieurs pour objectiver ce que sa main ressentait.

Finalement la main ressent une combinaison de différentes ondes, infra-rouges, ondes courtes, ondes radios…

Le diagnostic thermique manuel s’avère très précis, c’est un diagnostic de localisation, il ne qualifie pas une atteinte du corps, il la localise, c’est ensuite grâce aux connaissances du thérapeute et aussi à l’aide des différents outils de l’iconographie moderne (quand c’est indispensable) qu’un réel diagnostic est porté.

Bibliographie

Voici la liste des ouvrages écrits par Jean-Pierre Barral :

  • Le diagnostic articulaire vertébral, avec Jean-Paul Mathieu et Pierre Mercier, Deverlaque,
  • Manipulations viscérales 1, avec Pierre Mercier, Elsevier,
  • Manipulations viscérales 2, Elsevier,
  • Le Thorax, Elsevier,
  • Manipulation Urogenitales, Deverlaque,
  • La prostate, Elsevier,
  • Le diagnostic thermique manuel – épuisé,
  • Comprendre les messages de votre corps, Albin Michel (livre Grand Public),
  • Comprendre les messages de vos articulations, Albin Michel, avril 2012 ( livre Grand Public),

Voici la liste des ouvrages co-écrits avec Alain Croibier chez Elsevier :

  • Approche ostéopathique du traumatisme (épuisé),
  • Manipulations des nerfs crâniens,
  • Manipulations des nerfs périphériques,
  • Nouvelle approche manipulative du membre supérieur,
  • Nouvelle approche manipulative du membre inférieur.
  • Prochaines parutions :
    • Nouvelle approche manipulative de la colonne cervicale,
    • Nouvelle approche manipulative de la colonne dorsale et des côtes,
    • Nouvelle approche manipulative de la colonne lombaire et du bassin,

Le grand docteur Upledger

Une autre rencontre lui a aussi été fructueuse, c’est celle avec le docteur John E. Upledger qui a été le pionnier dans les relations psycho-émotionnelles du mouvement crânien. Ses libérations émotionnelles, en partant de la sphère crânienne, ont ouvert la voie à de nombreux thérapeutes. Ils se sont inspirés de ses techniques pour soulager les patients en proie à des tensions psychologiques difficilement supportables.

John E. Upledger et Jean-Pierre Barral aimaient échanger leurs idées pour mieux soigner leurs patients, tout en conservant chacun leur originalité. « C’est certainement les plus belles mains que j’ai vues soigner », se plait à répéter Jean-Pierre Barral !

L’Upledger Institute

Dès 1985, Jean-Pierre Barral a donné des cours aux U.S.A organisés par l’Upledger Institute situé en Floride, au début il s’agissait surtout de cours de manipulations viscérales, ces cours ont eu un succès retentissant et ce fut l’une des raisons de la création du Barral Institute. C’est à l’Upledger institute qu’il a rencontré en les formant les enseignants du Barral Institute.

La faculté de médecine de Bobigny (Paris-Nord)

Jean-Pierre Barral, avec 4 de ses collègues ont été choisis par le Doyen Pierre Cornillot et le docteur Didier Feltesse pour enseigner l’ostéopathie à des médecins. C’était la première fois que l’ostéopathie entrait à la faculté de médecine, c’était tout simplement révolutionnaire! A cette époque l’ostéopathie était illégale, imaginez les réactions des corps constitués médicaux !

Ce fut une expérience exceptionnelle pour plusieurs raisons :

  • pour les personnes rencontrées (Merci Mr le Doyen),
  • pour la situation d’enseigner à des classes d’une centaine de médecins pendant une dizaine d’années.

Dans ce nouveau contexte « d’ouverture », il nous a fallu tempérer, modérer nos discours et nos affirmations.

Le métier d’ostéopathe oblige à être modeste, dans son propre cabinet on peut penser être très bon, cependant certains cas difficiles nous ramènent vite à nos limites. De plus la confrontation avec d’autres métiers médicaux nous conduit à considérer nos carences.

Le Barral Institute

Précisons que c’est lors d’un vote de tout le staff académique et administratif de l’institut que ce nom, parce qu’il était déjà connu, fut choisi. Seul Jean-Pierre Barral a voté contre, pensant que certains y verraient la marque d’un ego démesuré.

Le Barral Institute est composé d’un staff administratif Américain dirigé par le fils de John Edwin Upledger, John Matthew, assisté de Dawn Langnes et d’une trentaine d’enseignants essentiellement américains et européens. Gail Wetzler en assure la direction académique. Une trentaine de pays collaborent avec BI et son succès va grandissant.

Avec Alain Croibier, ils ont élargi le champ des disciplines enseignées.

Alain Croibier

Jean-Pierre Barral a été le maître de mémoire d’Alain Croibier c’est ainsi qu’est née une grande amitié en plus de la réunion et la convergence de leurs talents. A la grande expérience de l’un se sont ajoutés l’érudition, le sens de l’abstraction et la curiosité intellectuelle de l’autre.